Problèmes digestifs, intolérances alimentaires qui consulter

Que l’on souffre de problèmes digestifs ou encore d’intolérances alimentaires, consulter une diététicienne permet d’aider à faire le point sur ses habitudes alimentaires. Pour une intolérance alimentaire, évincer l’aliment ne suffit pas toujours. Il peut être nécessaire de faire un bilan de son état de santé. De venir soutenir le système immunitaire. Aider le corps à assimiler les nutriments essentiels à son bon fonctionnement. Si l’on souffre de fatigue chronique, douleurs articulaires, maux de ventre et autres problèmes digestifs, changer d’alimentation peut s’avérer très bénéfique.

Dans cet article, nous allons voir comment une diététicienne peut vous aider dans la prise en charge de vos problèmes intestinaux et/ou de vos intolérances alimentaires. Valérie Méry Mandeville, diététicienne sur Montpellier, répond à mes questions.

 

Intolérances alimentaires, problèmes digestifs : Rôle de la diététicienne

Pour commencer, je vous laisse vous présenter :

Je suis diététicienne nutritionniste depuis 6 ans. Dans le but d’être plus efficace et performante dans la prise en soin des problèmes de poids et de santé, je me forme depuis un an en continu à la micronutrition, auprès de médecins spécialisés. Je  participe à des week-ends, des universités d’été, des conférences et séminaires.

J’ai commencé ces formations car je constatais que ma compétence était limitée pour améliorer la santé et le bien-être de certains patients en travaillant uniquement sur l’alimentation. Parallèlement je voyais certaines améliorations par application du régime Seignalet (éviction du gluten et des laitages). J’ai donc cherché à pousser plus loin dans cette voie, et j’ai découvert par là-même la micronutrition.

Les personnes qui viennent me voir, le plus souvent pour perdre du poids, me disent parfois qu’elles n’ont aucun problème de santé. Pourtant j’en détecte quasiment systématiquement au cours de mon questionnaire : migraines, allergies, acouphènes, arthrose, fatigue…

Certaines fois elles viennent me voir spécialement pour leurs problèmes de santé. Suite à la lecture de mon site ou de ce qu’elles ont entendu me concernant.

Comment se déroule une consultation ?

Lors de la consultation je pèse la personne avec une balance à impédancemétrie afin de connaître notamment ses masses musculaire, grasse, osseuse. Puis je la mesure pour avoir des données de comparaison au fur et à mesure des rendez vous.

Je n’analyse pas spécialement les calories quotidiennes ingérées. J’explique quels sont les aliments qui font grossir si on en mange trop par rapport à notre activité physique. J’explique comment engager et maintenir une perte de poids. J’ajoute des conseils pour permettre aux patients d’avoir une alimentation la plus riche possible en nutriments (éviter les “calories vides “) et de ne pas non plus ressentir de frustration.

Je rajoute enfin des conseils nutritionnels et micro nutritionnels, surtout si la personne a des problèmes digestifs et/ou autres (articulaires, allergies, stress …).

Comment prenez-vous en charge les personnes souffrant d’intolérances alimentaires ?

Actuellement je ne prescris pas d’analyses de sang spécifiques. Mais je prévois prochainement de le proposer. L’idéal est de réaliser l’INTO 20 (voire même l’INTO 100), qui permettent de voir précisément les intolérances alimentaires du patient à un certain nombre d’aliments.

Lorsqu’un patient arrive en ayant déjà fait des analyses, je les commente. Puis je réalise une enquête alimentaire, j’adapte leur alimentation. Je donne des conseils micronutritionnels en fonction des résultats de l’analyse (ex : transaminases élevés, triglycérides = foie gras et enflammé, hyperglycémie et parfois hémoglobine glyquée élevée = diabète ou pré diabète).

On peut également analyser la composition du microbiote et certaines données qui informent sur l’état de la muqueuse intestinale. Ces analyses se font dans des laboratoires spécifiques comme Barbier à Metz ou les Laboratoires Réunis. Elles ne sont pas prises en charge par la CPAM. Il faut que le patient accepte ces analyses et leur paiement. On peut aussi tester les intolérances alimentaires à une centaine d’aliments.

Sans analyse des intolérances, en cas de fatigue chronique, d’inflammation, de maladie auto-immune, de problèmes digestifs, je leur conseille actuellement un régime avec éviction du gluten et du lait de vache. Mais aussi de prendre des compléments visant à améliorer l’état de la muqueuse intestinale et de l’immunité qui est liée. Puis, je fais évoluer les recommandations en fonction des résultats obtenus par le patient.

Comment aidez-vous les personnes qui ont des problèmes digestifs ?

Ça se passe un peu de la même façon, en cas de ballonnement, gaz, reflux gastrique, diarrhée ou constipation récurrentes, je propose des corrections alimentaires, des probiotiques et autres compléments si nécessaire (mucus, glutamine, oméga 3…).

Certaines maladies intestinales sont parfois complexes à guérir : SIBO ou SIFO (pullulation bactérienne ou fongique). On a un peu moins de mal à soulager le syndrome de l’intestin (du côlon) irritable ou les « simples » ballonnements.

On entend parler de beaucoup de choses, régime alimentaire, phytothérapie… pouvez-vous nous aider à y avoir plus clair ?

Le régime alimentaire d’éviction permet à la personne de voir rapidement ses symptômes régresser. Son système digestif ne se trouvant plus agressé par les aliments responsables.

La phytothérapie est l’apport d’extraits de plantes pour améliorer les symptômes (ex : la rhodiole pour diminuer le stress et donc le cortisol, la griffonia pour diminuer l’envie de sucre…).

Pourquoi et comment décider d’opter pour le régime Seignalet ou d’adopter un autre régime ?

Le régime Seignalet met en rémission plus de 90 maladies chroniques par éviction radicale et définitive de certains aliments. L’effet positif sur la santé du patient est donc considérable. Par contre il est très contraignant et  il rend la vie sociale difficile. S’il est mal appliqué, il peut mener aussi à des carences alimentaires. Il est donc utile d’être bien accompagné au moins au départ.

Parallèlement il paraît essentiel aujourd’hui de réparer la muqueuse intestinale dont l’état est toujours dégradé dans ces pathologies. Cela permet au système digestif de mieux supporter un écart alimentaire. Les micronutriments responsables des problèmes de santé (caséine, gluten, lactose par exemple), passeront moins facilement à travers la muqueuse intestinale et créeront moins d’effets négatifs.

 

La micronutrition : soin et préventions des problèmes digestifs

Couramment en diététique, on parle de glucides, de lipides, de protéines, ce sont les macronutriments. Avec la micronutrition, on étudie plus précisément les besoins et les déséquilibres de chaque personne en vitamines, minéraux (comme le magnésium). Donc on s’intéresse aux micronutriments. Ils sont également indispensables à prendre en compte pour être en bonne santé.

 

En quoi la micronutrition est utile pour traiter les intolérances alimentaires et les problèmes digestifs ?

Prenons un exemple : l’apport en pré et pro biotiques, en glutamine (un acide aminé) permet un état optimal de la muqueuse intestinale. Ainsi en veillant à ces apports, on diminue ainsi les problèmes digestifs et intolérances alimentaires en diminuant la perméabilité intestinale.

Concrètement comment agir ? Faut-il prendre des médicaments ? Changer son alimentation ?

On essaie de maximiser l’apport en micronutriments (vitamines, minéraux…) par l’alimentation. Pour cela, on favorise les aliments riches nutritionnellement : légumineuses, oléagineux bio non grillés non salés, les œufs, les légumes. Au détriment des « calories vides » comme le pain au chocolat, les bonbons, les aliments céréaliers industriels (pain de mie, biscottes blanches), frites, sodas…

Ensuite on complète souvent avec des compléments alimentaires adaptés pour deux raisons. Les aliments actuels sont beaucoup moins riches en nutriments qu’avant en raison des modes de culture et d’élevage. Mais aussi parce que parfois, les apports doivent être élevés pour corriger une situation de carence importante. Ces apports seraient impossibles à satisfaire uniquement par l’alimentation.

 

Système immunitaire, carences les éléments à surveiller

Pourquoi est-il important de prendre en compte l’état de la muqueuse intestinale ?

70% de notre système immunitaire est situé au niveau de la barrière intestinale. Ce qui nous permet de comprendre à quel point l’intégrité de la muqueuse intestinale est indispensable à une bonne immunité.

Quand on souffre d’intolérances alimentaires sur quoi doit-on porter notre attention ?

Je rencontre presque toujours des carences en magnésium et en vitamine D. Pour le reste chaque patient à ses problématiques. Il n’y a pas de tendance de fond.

Concernant l’alimentation, on doit faire attention aux préparations alimentaires qui peuvent contenir une substance à laquelle on est intolérant. La consommer peut parfois annuler les améliorations intestinales obtenues pendant plusieurs semaines. Il faut essayer d’être rigoureux sur les évictions.

Et pour les problèmes digestifs ?

Le conseil est le même, tout au moins en début de traitement. Ensuite selon la réparation, l’état de la muqueuse intestinale on aura plus ou moins de latitude au niveau de la consommation des aliments à risque.

Concernant les carences, elles peuvent venir d’une mauvaise assimilation des nutriments. Et/ou d’un manque d’enzymes digestives et également d’une méconnaissance de l’alimentation en parallèle. Soigner l’intestin est la base pour soigner toutes les maladies, même la dépression.

Mais alors quels sont vos conseils pour favoriser un bon système immunitaire, un microbiote équilibré ?

Tout d’abord il faut réparer la muqueuse intestinale. Pour cela il faut exclure de son alimentation ce que l’on ne tolère pas. D’où l’intérêt de faire une analyse de sang (INTO 20 ou INTO 100) comme je l’évoquais au début de l’interview.

Ensuite en prenant des compléments micronutritionnels, dont des probiotiques. Comme nous l’évoquions, l’état du microbiote conditionne en grande partie l’état du système digestif et du système immunitaire.

Enfin il faut savoir que certains aliments favorisent une réduction de l’inflammation. Cette dernière existe très souvent voire systématiquement en cas de problèmes digestifs, problèmes de santé, maladies auto-immunes. Donc il est important de consommer des poisson gras (maquereau, saumon), de l’huile de colza pour leurs omégas 3, du curcuma et du gingembre. Ces aliments participent à l’amélioration du système digestif et de l’immunité. 

Pour conclure 

Je remercie chaleureusement Valérie Mery d’avoir accepté de répondre à mes questions. Un bilan diététique, la phytothérapie et la micronutrition peuvent être des moyens de prise en charge pour vos problèmes intestinaux. Mais aussi pour garder forme et équilibre suite à la découverte de vos intolérances alimentaires.

Enfin je me permettrai un conseil, un témoignage : écoutez vos douleurs, votre fatigue… Ce sont des signaux d’alerte émis par votre corps. Je ne peux que vous encourager à consulter des médecins qui ont une spécialisation en micronutrition. Pour ma part, ce sont eux qui m’ont aidé à retrouver la forme.  Chaque patient est différent, consulter un médecin est essentiel mais voici une piste à explorer. J’attire également votre attention sur un point, la prise d’antibiotique fragilise la flore intestinale. Il est important de le savoir et d’en parler avec votre médecin. Ce dernier pourra vous prescrire un traitement pour « réparer » l’intestin, des probiotiques notamment.

Photo : Valérie Méry Mandeville

Valérie Méry Mandeville propose des consultations en ligne, sur ses cabinets à Castries, Villevieille et Montpellier. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur son site internet.

N’ayez pas peur des changements alimentaires ! Pour manger différemment, au quotidien je vous en parle sur le blog avec des recettes et des astuces…


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